Les fans américains et canadiens de LEGO se réveillent avec une mauvaise nouvelle : des milliers de pièces Standard ont disparu du service Pick a Brick. La faute ? Pas à un bug, mais à des nouvelles règles douanières US. Résultat : moins de briques, plus de frustration… et probablement plus d’achats sur BrickLink. Bref, Trump a réussi là où même les boîtes “manquantes 1 pièce” avaient échoué : compliquer la vie des AFOLs.
Depuis la fin août 2025, les fans américains et canadiens de LEGO ont eu une mauvaise surprise en consultant le service Pick a Brick : des milliers de pièces « Standard » ont tout simplement disparu du catalogue en ligne, rapporte New Elementary. Si les pièces « Bestseller » restent disponibles, la situation crée une réelle frustration pour les constructeurs, et pourrait durer.
Pick a Brick : deux circuits logistiques différents
Pour comprendre le problème, il faut distinguer les deux catégories de pièces proposées sur Pick a Brick :
- Bestseller : stockées localement aux États-Unis et expédiées depuis des entrepôts américains.
- Standard : stockées en Europe (principalement au Danemark) et expédiées vers l’Amérique du Nord.
Jusqu’ici, cette distinction ne posait pas de problème majeur… jusqu’à la mise en place d’une nouvelle réglementation douanière américaine.
Le rôle de l’exemption « de minimis »
Jusqu’à présent, les États-Unis autorisaient l’importation de biens d’une valeur inférieure à 800 $ sans frais de douane ni taxes (exemption dite de minimis). C’est ce mécanisme qui permettait à LEGO d’expédier directement des pièces Standard depuis l’Europe vers l’Amérique du Nord.
Or, fin juillet 2025, l’administration Trump a signé un décret supprimant cette exemption. Depuis le 29 août 2025, tous les envois, même d’une faible valeur, sont susceptibles d’être taxés.
Un casse-tête logistique pour LEGO (et pour DHL)
Concrètement, cette nouvelle règle pose plusieurs problèmes :
- Qui perçoit les droits de douane ? Les transporteurs (comme DHL) doivent avancer les frais pour le compte des clients, ce qui alourdit la logistique.
- Quelles données transmettre aux douanes ? Les autorités américaines demandent désormais davantage d’informations, mais les procédures restent floues.
- Délais intenables : les transporteurs dénoncent un manque de temps pour adapter leurs systèmes.
Résultat : DHL, qui gère les expéditions Pick a Brick depuis Billund (Danemark), a suspendu les livraisons de pièces Standard vers les États-Unis. Le Canada est indirectement touché, puisque LEGO gère l’Amérique du Nord comme une seule zone dans son système.

L’ampleur de la suppression de pièces
Au Royaume-Uni, le service Pick a Brick propose actuellement près de 4 753 pièces. Aux États-Unis, ce nombre tombe à environ 2 033. Autrement dit, plus de 2 500 références Standard sont devenues indisponibles en Amérique du Nord.
À l’heure actuelle, seules les pièces Bestseller semblent épargnées.
Quelles conséquences pour les fans ?
- Les MOCeurs nord-américains perdent l’accès à une large gamme de pièces rarement disponibles ailleurs.
- Les collectionneurs qui complètent leurs sets ou restaurent des modèles risquent de devoir se tourner vers BrickLink ou eBay, souvent à des prix plus élevés.
- À moyen terme, si LEGO ne trouve pas de solution, cela pourrait fragiliser la confiance des fans envers Pick a Brick, pourtant relancé récemment avec de nouvelles fonctionnalités.
Une situation encore incertaine
LEGO n’a pas encore publié de communication officielle sur le sujet. Difficile de savoir si une solution logistique (comme un stockage élargi aux États-Unis) sera mise en place, ou si les fans devront s’habituer à un Pick a Brick amputé de ses pièces Standard.
Et en Europe ?
Rassurons d’emblée les lecteurs européens : la situation ne concerne que l’Amérique du Nord. En Europe, ainsi qu’en Australie et en Nouvelle-Zélande, le service Pick a Brick continue de fonctionner normalement. Quelques centaines de pièces ont bien disparu ces derniers jours, mais il s’agit simplement de références temporairement en rupture de stock, sans lien avec les nouvelles réglementations américaines. Autrement dit : aucune restriction douanière ne menace, pour l’instant, l’accès aux pièces Standard depuis l’Union européenne.
Analyse Brickollect
La suspension des pièces Standard sur Pick a Brick en Amérique du Nord a deux effets immédiats :
- Pression sur le marché secondaire
BrickLink, eBay et autres plateformes de revente deviennent de facto les seules alternatives pour obtenir certaines pièces rares. La demande pourrait donc grimper, entraînant une hausse des prix, au moins temporaire.- Fragilisation de la stratégie LEGO Direct-to-Consumer
Pick a Brick faisait partie des efforts du LEGO Group pour garder les fans dans son propre écosystème, plutôt que de les voir acheter ailleurs. Cette rupture logistique risque de redonner du poids aux vendeurs tiers.- Un risque d’image auprès des AFOLs
Pour les constructeurs expérimentés (MOCeurs, restaurateurs de sets), l’intérêt de Pick a Brick repose justement sur la variété des pièces Standard. Si l’offre reste amputée trop longtemps, l’outil pourrait perdre en crédibilité et les fans se tourneront durablement vers BrickLink.En résumé : à court terme, cette situation profite aux vendeurs indépendants du marché secondaire. À long terme, tout dépend de la capacité du groupe LEGO à adapter sa chaîne logistique en Amérique du Nord. Mais une chose est sûre : dans le duel Pick a Brick vs. BrickLink, ce sont les collectionneurs qui paieront la facture… littéralement.
Conclusion
Cette affaire illustre à quel point les décisions politiques et douanières peuvent avoir des répercussions inattendues sur la communauté LEGO. Pour les passionnés américains et canadiens, c’est un retour en arrière : le service perd une grande partie de son intérêt, au moment même où il commençait à convaincre après des années de critiques.

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